Pagayer Vers Le Bonheur

par : MAC

Dans certains cas, le bonheur réside dans les petites choses. Bien sûr, le fait de se dire: ” je quitte tout ce que je connais pour aller découvrir autre chose” est cliché. Mais, pour certaines personnes, il s’agit réellement d’un chemin à suivre pour se trouver réellement… et non pas pour fuir comme plusieurs personnes peuvent le penser. Mais trouver le bonheur, c’est réellement quelque chose qui est personnel. C’est exactement ce que Martin Trahan, passionné de plein air, canoteur et aventurier, s’est dit.

Puis, on lui a demandé de raconter son histoire. Et on aurait envie d’être assis près du feu avec lui après une grosse journée d’activités en nature en l’écoutant nous raconter ses motivations, ses péripéties et ses rêves.

Le bois craque soudainement, les tisons s’envolent vers l’infini de la nuit et Martin s’exclame:

Le rêve d’une vie au fil de l’eau

Je vais vous raconter une histoire…Celle d’un grand rêveur, l’âme bohème, idéaliste qui un jour s’ennuyait profondément dans un mode de vie qui n’était pas le sien. Il s’était quelque peu égaré dans celui d’une autre qui pourtant ne l’avait jamais forcé à quoique ce soit. Il tentait tant bien que mal de se convaincre qu’il allait y trouver un certain bonheur. Ce qui était devenu inévitable arriva, la rupture, la vente de la maison, le retour en appartement.

Les semaines qui ont suivi étaient remplies de tristesse, mais cette situation s’est rapidement transformée en une bénédiction lui permettant de se reconnecter avec ses passions.

Plutôt que d’attendre, las, que le bonheur lui tombe dessus, il se mit à le provoquer. Depuis ce jour, la vie est douce et excitante.

Il ne s’est passé une journée sans que je me sente habité par cet ambitieux projet. Je n’étais ni guide en tourisme d’aventure ni guide de canot, seulement un amoureux du plein air qui avait un rêve: celui de traverser le Canada en canot. Une forme d’interlude qui s’est déroulée dans la marge d’une société où l’injonction au bonheur est omniprésente. Il ne s’agissait pas uniquement de me déplacer, mais plutôt de voyager à travers un pays où les rencontres ont été riches, les paysages bucoliques et la forêt ma maison.

Je pense notamment aux nombreuses rencontres que j’ai faites durant le voyage vers le Nord. Des moments forts où la gentillesse et la générosité des gens croisés m’impressionnent encore à ce jour. Des gens qui ne nous connaissaient aucunement avant de nous accueillir chez eux et de nous traiter comme leurs enfants, leurs amis. Fils et filles des Premières Nations, vous m’avez présenté la richesse de votre culture et de votre histoire à travers nos précieuses rencontres. J’ai perçu sur vos visages la rudesse du nord et de son climat parfois hostile.

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Cette aventure a été lourde de sens à mes yeux, elle représentait l’expédition que je croyais impossible, inaccessible pour un homme comme moi. Il s’agit aujourd’hui d’une odyssée qui a donné un nouveau sens à ma vie. Je me sentais en équilibre et ce désir de dépassement de soi m’amenait à sans cesse repousser mes limites.

Cette épopée transcanadienne était au départ un rêve qui au fil du temps s’est traduit en un projet concret. Le Canada est pour moi la plus belle autoroute pour les canoteurs à la recherche du paradis perdu. D’est au nord-ouest, et ce, pendant 175 jours, cette expédition grandiose m’a permis de purifier mon âme. Le canot est en quelque sorte devenu un mode de vie.

Cette odyssée était l’expression de mes traditions, de mon identité, de mes valeurs, mais surtout une opportunité de contribuer à la protection du patrimoine naturel.