La Stabilité 2.0 – La Vision Nomade

par : MAC

Récemment, on m’a dit:

“ Hey MAC, c’est vraiment beau et honorable ce que tu fais dans la vie, mais n’as-tu pas hâte d’être un peu plus stable dans ta vie. Tu cours à gauche et à droite, tu dis OUI à tout, mais prends-tu le temps de souffler?”.

Et à l’opposé, y’a les gens qui pensent que je vis le rêve, que je fais bien de profiter, etc.

Évidemment, j’ai réfléchi.

C’est une réflexion que j’ai depuis quelques temps déjà d’ailleurs et ce, bien avant que des gens de mon entourage ne commencent à le mentionner/questionner…

Qu’est-ce que c’est être stable au final? Avoir un diplôme, une maison, deux chiens, quelques enfants et l’attente du weekend pour pouvoir profiter de cet argent que j’ai durement gagné dans ma semaine? Ça ne sonne pas suffisamment excitant pour moi. Et ceux qui me connaisse, savent que ça doit rouler.

Il y a quelques années, j’ai fait le choix de vivre hors des sentiers battus. De prioriser les expériences aux économies et à un CELI. De vivre avec peu, en vivant beaucoup à la fois. De voir le monde de mes yeux plutôt qu’en rêvant au-travers l’écran. De prioriser des rencontres humaines aux dépends des rencontres virtuelles. Et détrompez-vous, je ne crache pas du tout sur les médias sociaux puisque ça m’a permis de rencontrer des humains incroyables et de participer à des projets vivants, mais j’aime la connection que permet les rencontres humaines. J’veux savoir ce que tu mets dans ton café, ce qui te fait sourire et si tu préfères les montgolfières ou les bateaux, mais pas savoir ce que tu as mangé au dîner et encore moins quel OOTD tu porteras aujourd’hui.

Le challenge je crois, c’est de trouver une stabilité dans le mouvement. D’être capable de trouver des repères là où le vent nous pousse et d’y créer nos propres racines. C’est d’être capable de dire “Au revoir” sans adieux, “au revoir” sans regret. C’est d’être capable de trouver du plaisir dans la solitude et dans le silence. Et grosso modo, c’est de se retrouver seul avec soi-même et de réaliser (et de comprendre!) que tu es le seul à savoir ce que tu veux vraiment. Que tu es le premier, mais aussi le dernier dans cette course interminable qu’est la vie.

“Oui, mais l’aspect financier là-dedans?”.

 

Évidemment, sacrifier la stabilité, c’est aussi sacrifier un salaire fixe et couper la tête à la routine. Au fil des ans, j’ai travaillé dans près d’une trentaine de projets tous plus stimulants les uns que les autres. J’ai découvert des métiers que je n’aurais pas osé essayer. J’ai identifié mes forces et j’ai travaillé mes faiblesse. Et je survis.

Les temps n’ont pas toujours été colorés. J’ai dû trouver une façon de débarbouiller le gris. J’ai dû faire attention à ne pas continuer de faire des longueurs dans mes verres de gin. J’ai dû gratter tout ce que je possédais jusqu’à la dernière pièce qu’il me restait pour me nourrir. Et bien que je n’ai pas valsé avec la pauvreté très longtemps, j’ai frappé le fond (NB. la définition du fond est relative pour chaque personne!). Au fond, il fait froid. Il fait sombre. Il fait mal. T’as le goût d’être partout sauf à cet endroit-là. Et avec raison. Puis, un autre tantôt, tu te dis que c’est assez, que tu veux pas vivre à la merci des dettes et des dépenses et tu modifies tous tes choix. Tu t’imposes des limites. Tu changes tes habitudes. Tu acceptes le fait que tu n’es pas intouchable. Et tu le fais parce que t’as pas le choix. Tu réalises que nager, c’est bien plus facile avec des palmes. Que l’eau est plus fraîche que le gin. Et que finalement, être ailleurs aussi c’est chouette, qu’il y a une certaine chaleur au-dessus des nuages. Puis, un nouveau chemin se trace, souvent sous la forme d’une opportunité parce que quelqu’un a bien voulu te tendre la main. Et ça, c’est important que d’accepter l’aide. Utilise l’énergie que les gens t’offrent pour te propulser encore plus haut parce que tu mérites de briller, et pas juste l’instant d’un clin d’oeil.

T’es la tête d’affiche de ton one-man show. Les gens qui viennent te voir ne sont que les spectateurs de ton succès. Et il n’y a que toi qui décide si tu réfléchis la lumière ou si tu te laisses disparaître dans l’ombre.

C’est l’heure de la tournée.

Que t’aies envie d’une famille, d’une carrière ou d’aventures, commence par mettre une roche au sol. Puis une deuxième. Puis, demande à quelqu’un de mettre la troisième. Etcetera. Tu verras que tu peux aller loin avec quelques cailloux et une tape dans le dos.

Quelques nuages passent. Et soudainement, il fait soleil. T’as retrouvé le goût de danser et de sourire. Ta routine a changé et tu te sens mieux. Tu te sens vivant. Et personnellement, je me sens vivant quand je dois me questionner et douter de mes choix. Pis j’aime ça me sentir vivant. J’aime le feeling de témérité qui te fait hésiter jusqu’à la dernière seconde si tu le vis ou si tu back down. Ça pis de se laisser aller sur le Do-Ré-Mi de la vie tout en écrivant une nouvelle harmonie à chaque jour. Pis tu peux. T’es un peu le chef d’orchestre de ta routine. T’as le goût d’ajouter un coup de gong, fait-le dont. Trop de cuivre, priorise les cordes. Personnalise la symphonie, elle t’appartient.

Finalement, on vit sensiblement la même chose moi et les gens dit normaux. Le seul truc qui nous différencie, c’est que j’ai choisi de me laisser guider par la musique plutôt que de la bousculer dans ma vie.

“Ouin, okay, c’est poétique tout ça, mais tu vieillis. Tu peux pas contrôler le temps!!”

Le temps? Dans mon monde, y’a pas de temps. J’ai choisi de battre au rythme de mon propre souffle. Les aiguilles n’indiquent pas le temps, mais bien la destination.

Et là où je vais, les gens n’accordent pas d’importance au temps. Ils vivent aujourd’hui en se disant que demain est bien loin. Et j’aime ça le loin. C’est un peu comme si y’avait toujours un horizon derrière l’horizon. C’est exotique et à portée de main. Ce qui m’importe, ce n’est pas de faire les choses dans les temps, mais de les faire bien. Le temps te rattrape toujours de toute façon et y’a aucune façon de gagner contre la montre. Je préfère donc avoir un visage aux mille lignes plutôt qu’un agenda complété. On vieillit tous, les choses prennent de l’âge et y’a un plaisir non-coupable à aimer le vintage.

Pis c’est beau le vieux. Pis c’est beau le loin. Pis c’est beau la vie quand on fait les choses pour soi sans penser à un deadline. C’est correct d’avoir encore quelques flèches dans ton carquois pour éventuellement cocher d’autres rêves sur ta checklist de vie. Pour moi, c’est un carrousel qui n’arrête jamais de tourner et dans lequel on choisit les gens qui s’assoient sur les autres chevaux parce que les chevaux, il sont bien, mais c’est avec eux que j’aime tourner. Et tant qu’à tourner, autant que ce soit agréable non?

Le temps, c’est intemporel. C’est juste là et on nous dicte un peu de quelle façon on doit le consommer. Le temps, c’est de l’argent qu’ils disent les gens sages. Prend une semaine à faire quelque chose que tu n’as jamais fait ou à simplement rencontrer de nouvelles personnes. Ce sera aussi formateur, voir même plus que ton 9 à 5 habituel. Ça ne payera pas les bills, je te l’accorde. Du moins, pas encore. Mais si tu te laisses aller un peu, tu verras que tu peux faire pas mal ce que tu veux quand tu le veux. Et plutôt que d’être le mannequin dans une vitrine et d’attendre que les gens te remarquent et te trouvent beau et que tu leur plaise, contente-toi simplement de vivre. À tes couleurs! Santé!

 

“Okay okay, je comprends, mais t’as pas peur de passer à côté de quelque chose?”

Non. Au lieu d’attendre que les choses passent, je les provoque. Et c’est encore mieux comme ça parce que j’ai l’impression de pouvoir contrôler un minimum ce qui m’arrive. J’ai pas envie d’être condamné à contempler ma vie de loin ni à porter la Terre sur mes épaules. Je ne suis pas Atlas, mais c’est moi qui pointe la direction sur la mappe. Et des fois, la carte n’est pas encore dessinée et elle se dévoilera au fur et à mesure qu’on avancera. et n’y a-t-il pas un plus beau feeling que de trouver ce que tu cherches alors que t’avance à tâtons dans la noirceur?

Ça, c’est mon genre de stabilité. Ne pas trop en savoir pour garder le plaisir de l’aventure et se débrouiller entre temps. That’s life. Je ne détiens pas la vérité absolue ni le secret du bonheur, mais tout ça me convient parfaitement. Parce qu’au final, que tu sois nomade ou sédentaire, grand ou petit, fait ce qui te plait. Pour toi pour une fois.

Et plus je regarde les gens aller, moins j’ai envie d’être stable à leur façon. Et plus j’ai envie de construire ma propre stabilité. Mettre des couleurs où c’est censé être gris, rire quand c’est censé être silencieux & célébrer la vie quotidiennement. Ma façon de voir les choses. Ta façon est sûrement tout aussi honorable. On en discute autour d’un café?

Cheers!

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